« La vie invente souvent mieux que nous » : c’est cette part que Yoann Le Dantec cherche dans sa musique. Compositeur et violoncelliste, formé à l’écriture au CNSMD de Paris, il a passé plus de temps à fuir l’académisme qu’à l’habiter. Il compose entre écriture et improvisation : une architecture précise, laissée ouverte à l’accident.
Il en naît une musique instrumentale à la construction organique : des répétitions qui ne reviennent jamais à l’identique, des grooves singuliers, des mélodies qui surgissent quand on ne les attend plus. Un jazz au sens large, celui d’une musique improvisée et organisée, où le savant se fait plus populaire et le populaire un peu plus savant.
De Futur antérieur (2019) à Eiloc Nalem (2026), où son violoncelle tient la place d’une voix, il publie sur Asymetric Sounds, le label qu’il a fondé. Orchestrateur pour Michel Gondry et Arnaud Desplechin, arrangeur pour Fatoumata Diawara ou Hollie Cook, il développe aujourd’hui un cycle pour violoncelle augmenté et un trio sur scène.
Quelques mots sur ma musique
Je donne la parole à la vie. Elle invente souvent mieux que nous, et c’est cette part-là que je cherche.
Ma musique part toujours d’une intériorité et se déploie vers l’extérieur. Mes premières pièces, qui s’appelaient Nuit intérieure et Limites du réel, découlaient déjà de ce principe. Futur antérieur posait la question du temps et du trajet à l’intérieur de celui-ci.
Je cherche la transe par une répétition organique, imparfaite, jamais identique. D’ailleurs, on pourrait parler de réminiscence plutôt que de répétition. J’ai besoin d’architecture et de précision, mais aussi d’improviser et de m’échapper, pour garder les choses vivantes. J’aime qu’un groove soit complexe, unique et pourtant attractif ; qu’une mélodie démarre quand on ne l’attend plus.
Ma musique peut se rapprocher du jazz, au sens d’une musique improvisée et organisée, sans que je sois moi-même jazzman. J’aimerais que la musique savante se fasse plus populaire, et la musique populaire un peu plus savante.
Je ne pourrais pas dire que ma musique n’est pas spirituelle. Le mystère est un élément dont je ne peux me passer. Ni joie ni tristesse, mais plutôt ombre et lumière, tension et relâchement.





